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Accueil » Europe » Albanie » Berat, Albanie : la ville aux mille fenêtres et ses maisons ottomanes

Il existe en Albanie une ville dont les maisons semblent regarder la vallée avec des centaines d’yeux. Berat — la « ville aux mille fenêtres » — est l’une des cités ottomanes les mieux conservées des Balkans, perchée sur les flancs d’une colline calcaire au-dessus de la rivière Osum. Ses quartiers historiques, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008, superposent des siècles de présence byzantine, ottomane et albanaise dans un ensemble architectural d’une cohérence et d’une beauté rares. À trois heures de bus depuis Tirana, elle constitue l’une des escales les plus inoubliables d’un circuit balkanique — et l’une des plus abordables d’Europe.

Berat, la ville hors du temps des Balkans

Une ville double sur deux collines

Berat est en réalité deux villes superposées : Mangalem, le quartier ottoman qui dévale la colline principale avec ses maisons aux façades blanches et aux immenses fenêtres en bois, et Gorica, le quartier chrétien sur l’autre rive de l’Osum, relié par un pont ottoman du XVIIIe siècle. Au sommet trône le château — une citadelle du XIIIe siècle encore habitée aujourd’hui, ce qui en fait l’une des rares forteresses médiévales vivantes d’Europe. Entre les deux quartiers, la ville basse concentre les cafés, les restaurants et la vie quotidienne d’une ville de 35 000 habitants dont la monumentalité n’a pas écrasé l’authenticité.

Quand visiter ?

Le printemps (avril-mai) et l’automne (septembre-octobre) sont idéaux : températures agréables entre 18 et 25°C, lumière dorée sur les façades blanches, peu de touristes. L’été est chaud (jusqu’à 35°C en juillet-août) mais animé — Berat accueille alors des festivals de musique et de culture dans la cour du château. L’hiver est doux et quasi désert, avec des hébergements à prix très accessibles. En toutes saisons, deux jours sur place suffisent pour découvrir la ville en profondeur.

Le quartier Mangalem : les maisons ottomanes en cascade

Mangalem est le cœur visuel de Berat. Ses maisons à trois étages, construites aux XVIIIe et XIXe siècles selon les normes de l’architecture ottomane albanaise, présentent une façade presque entièrement vitrée — d’où le surnom de « ville aux mille fenêtres ». Ces grandes baies à petits carreaux, autrefois conçues pour maximiser la lumière dans des intérieurs sans électricité, donnent à l’ensemble une apparence spectrale et lumineuse qui varie avec les heures de la journée. La promenade dans les ruelles pavées de Mangalem, en montant progressivement vers le château, est l’une de ces marches où l’on s’arrête tous les dix mètres, appareil photo en main, cherchant l’angle parfait qui n’existe pas — parce que tous les angles sont parfaits.

Le château de Berat : une citadelle habitée depuis l’Antiquité

Les églises byzantines et le musée Onufri

Le château de Berat — Kalaja — est l’un des rares en Europe où des familles habitent encore à l’intérieur des remparts. Ses ruelles intérieures, bordées de maisons du XVIIIe siècle et de jardins sauvages, abritent également une dizaine d’églises byzantines remarquablement préservées. La plus importante est l’église de la Dormition de la Vierge, qui accueille le Musée Onufri — consacré à l’œuvre du peintre iconographe albanais du XVIe siècle, considéré comme le maître de la peinture byzantine tardive dans les Balkans. Ses icônes aux rouges intenses, réalisées avec une technique pigmentaire encore peu comprise, constituent un trésor artistique d’une valeur inestimable. L’entrée au château et au musée coûte moins de trois euros.

Le quartier Gorica et le pont Ottoman

Sur l’autre rive de l’Osum, le quartier Gorica est plus tranquille et moins touristique que Mangalem. Ses maisons, construites selon les mêmes principes architecturaux mais dans une version légèrement plus modeste, descendent jusqu’à la rive de la rivière dans un entrelacement de jardins et de venelles ombragées. Le pont Ottoman qui relie les deux quartiers — construit au XVIIIe siècle sur des fondations encore plus anciennes — offre le point de vue le plus emblématique sur l’ensemble de la ville : Mangalem d’un côté avec ses fenêtres qui brillent dans la lumière de l’après-midi, le château au sommet, et la rivière turquoise en contrebas.

Gastronomie albanaise : byrek, tavë kosi et raki

Berat est une excellente ville pour s’initier à la cuisine albanaise, généreuse et peu connue en Europe occidentale. Le byrek est un feuilleté au fromage blanc ou aux épinards, servi chaud dans les boulangeries dès le matin pour quelques centimes. La tavë kosi est le plat national albanais — un gratin d’agneau au yaourt et aux œufs, cuit lentement au four, dont la version bérate est réputée dans tout le pays. Le raki de raisin local, distillé artisanalement dans les maisons de la région, se boit en apéritif avec des olives et du fromage de brebis. Un repas complet dans une taverne locale ne dépasse pas 8 à 12 euros par personne.

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Pour comprendre les couches d’histoire superposées dans le château et déchiffrer les symboles des icônes d’Onufri, une visite guidée avec un guide local anglophone ou francophone est le meilleur investissement. Deux heures suffisent pour transformer une promenade agréable en une expérience culturelle profonde.

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Infos pratiques pour visiter Berat

Comment s’y rendre

Depuis Tirana, des bus réguliers relient la gare routière Fusha e Aviacionit à Berat en 2h30-3h pour environ 4 euros. Depuis la Riviera albanaise (Sarandë ou Gjirokastër), des bus directs existent également, avec des temps de trajet entre 3 et 4 heures. Berat ne dispose pas d’aéroport — l’aéroport international de Tirana (TIA) reste le point d’entrée principal, avec des liaisons directes depuis Paris, Lyon et plusieurs villes françaises via Air Albania, Wizz Air et Turkish Airlines.

Budget et hébergement

L’Albanie est l’un des pays les moins chers d’Europe : comptez 5 à 10 euros pour un repas dans une taverne locale, 1 à 2 euros pour un café, et entre 30 et 60 euros la nuit pour un hébergement de charme dans le centre historique. Plusieurs guesthouses familiales occupent d’authentiques maisons ottomanes dans les quartiers de Mangalem et Gorica — une façon unique de dormir dans un patrimoine UNESCO. Le budget journalier tout compris tourne autour de 50 euros pour un voyageur confortable.

Conclusion

Berat est l’une de ces villes qui restent dans la mémoire longtemps après qu’on l’a quittée — non pas parce qu’elle déborde d’attractions, mais parce qu’elle possède quelque chose de plus rare : une cohérence, une harmonie entre ses quartiers, son histoire et son présent vivant. Dans un paysage balkanique souvent défiguré par les années de béton post-communiste, Berat fait figure de miracle préservé.

Vous explorez l’Albanie ? Découvrez aussi la Riviera albanaise, les plages secrètes du sud du pays, et Plovdiv en Bulgarie, autre joyau ottoman méconnu des Balkans.

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