Planistère

Rechercher
Fermer ce champ de recherche.
Accueil » Europe » Islande » Les fjords de l’Ouest de l’Islande : le bout du monde arctique

À l’ouest de l’Islande, là où la carte semble hésiter avant de se dissoudre dans l’Atlantique Nord, se trouve une région que la plupart des voyageurs ne voient jamais. Les Westfjords — ou fjords de l’Ouest — forment une péninsule tentaculaire de fjords profonds, de falaises vertigineuses et de plateaux enneigés neuf mois sur douze. Ici, pas de bus touristiques, pas de files d’attente devant les cascades, pas de drone en vol stationnaire au-dessus des lacs. Juste la nature dans son état le plus brut, quelques fermes isolées, et le silence absolu que les Islandais eux-mêmes considèrent comme leur trésor le mieux gardé.

Les Westfjords : l’Islande secrète que peu de voyageurs connaissent

Pourquoi si peu de touristes ?

Les Westfjords ne représentent que 6 % du territoire islandais, mais concentrent à peine 2 % de sa population — et une fraction infime de ses visiteurs. La raison est simple : la région est difficile d’accès. Les routes y sont étroites, sinueuses, souvent non asphalтées, et certaines passes de montagne restent fermées jusqu’en juin. Il n’existe pas de Ring Road qui y passe. Pour s’y rendre, il faut soit vouloir vraiment y aller, soit prendre un vol depuis Reykjavik jusqu’à Ísafjörður — la seule vraie ville de la région. Ce filtre naturel est ce qui a préservé les Westfjords de la surfréquentation qui touche désormais la majorité de l’île.

Quand y aller ?

La fenêtre idéale est courte : de mi-juin à fin août. En dehors de cette période, de nombreuses pistes de montagne sont fermées et certaines infrastructures touristiques aussi. Juillet est le mois le plus sûr pour une première visite, avec des journées qui ne finissent jamais — le soleil de minuit donne aux fjords une lumière dorée et rasante qui transforme chaque panorama en tableau. Pour les voyageurs aguerris, début juin et fin août offrent une Islande encore plus vide, avec les avantages de la saison sans la (relative) affluence estivale.

Látrabjarg : la falaise aux oiseaux au bout de l’Europe

Látrabjarg est l’un de ces endroits qui redéfinissent la notion de grandeur. Cette falaise de 14 kilomètres de long et 440 mètres de hauteur constitue le point le plus occidental d’Europe — au-delà, c’est l’Atlantique jusqu’au Groenland. Sa face verticale abrite chaque été l’une des plus grandes colonies d’oiseaux marins du monde : macareux moines, guillemots de Troël, petits pingouins et fulmars s’y reproduisent par millions dans un ballet aérien incessant.

Macareux et guillemots à portée de main

La particularité absolument unique de Látrabjarg : les macareux, peu habitués aux humains dans cette région reculée, laissent les visiteurs s’approcher à quelques dizaines de centimètres. Ces petits oiseaux au bec multicolore, debout au bord de la falaise avec leur démarche comique, semblent totalement indifférents aux objectifs photo. C’est l’une des rares expériences animalières en Europe où la proximité est presque déstabilisante. La meilleure période d’observation : juin-juillet, quand les colonies sont à leur maximum.

La plage de Rauðasandur : un désert rouge face à l’Atlantique

À quelques heures de route au sud de Látrabjarg, la plage de Rauðasandur est l’une des plus singulières d’Islande. Contrairement aux plages de sable noir volcanique qui dominent le reste de l’île, Rauðasandur doit sa teinte ocre-rouge à des coquillages broyés par des siècles d’érosion marine. S’étendant sur quinze kilomètres dans un cadre de falaises et de montagnes enneigées, elle est presque toujours déserte. Quelques chevaux islandais y paissent librement, indifférents au vent qui balaie l’Atlantique. La route d’accès, une piste en lacets depuis le plateau, est l’une des plus vertigineuses des Westfjords — mais la récompense est à la hauteur du détour.

Ísafjörður : le cœur vivant des Westfjords

Base de départ et vie locale

Nichée au fond d’un fjord encaissé entre des montagnes à 900 mètres, Ísafjörður est la capitale des Westfjords avec ses 2 600 habitants. C’est une petite ville pleine de caractère, avec ses maisons en bois colorées datant de l’ère des pêcheurs du XIXe siècle, son marché local et ses quelques restaurants qui font une cuisine étonnamment créative avec les produits de la mer locale. C’est ici que se concentre l’essentiel des hébergements, des loueurs de voitures tout-terrain et des agences proposant des excursions en kayak, en bateau ou en randonnée guidée dans les fjords environnants.

Les sources chaudes de Drangsnes et Pollurinn

L’une des joies les plus simples des Westfjords est de se glisser dans une source chaude naturelle en plein air, face à un fjord, sous le soleil de minuit ou les étoiles d’août. À Drangsnes, trois petites piscines géothermiques ont été aménagées sur le rivage — gratuites et accessibles 24h/24, elles offrent une vue imprenable sur le détroit de Steingrímsfjarðarháls. Plus sauvage encore, Pollurinn est un bassin naturel creusé dans les rochers au bord de la mer, accessible à pied depuis la route — l’une de ces expériences improvisées qui restent dans les mémoires longtemps après le retour.

Réservez votre excursion dans les Westfjords avec GetYourGuide

Pour s’immerger vraiment dans les Westfjords sans la contrainte logistique des routes de montagne, des excursions guidées au départ d’Ísafjörður proposent des sorties en kayak ou en bateau dans les fjords, avec observation de la faune marine — phoques, pygargues à queue blanche, et parfois orques dans les bras de mer les plus profonds.

👉 Réservez votre excursion guidée dans les Westfjords islandais

Infos pratiques pour explorer les Westfjords

Comment s’y rendre

Depuis Reykjavik, deux options : la voiture (environ 5 heures jusqu’à Ísafjörður en passant par le tunnel de Vestfjarðagöng) ou l’avion intérieur Eagle Air, qui relie Reykjavik à Ísafjörður en 45 minutes. La location d’un véhicule 4×4 est indispensable pour explorer les pistes de montagne hors des routes principales. Certains itinéraires, comme la route vers Látrabjarg ou Rauðasandur, nécessitent un véhicule à garde au sol élevée même en été.

Budget, hébergement, routes

Les Westfjords sont globalement moins chers que le reste de l’Islande : les guesthouses familiales et les fermes-hébergements pratiquent des tarifs raisonnables, entre 80 et 150 euros la nuit. Comptez environ 100 à 150 euros par jour pour l’essence, l’hébergement et les repas. La principale dépense imprévue : les ferries et les bacs qui permettent de couper à travers les fjords plutôt que de faire le tour — prévoir de la monnaie locale ou une carte. Les GPS sont indispensables mais les cartes papier aussi : la couverture réseau mobile est intermittente dans les zones les plus reculées.

Conclusion

Les Westfjords ne se visitent pas, ils se méritent. La route y est longue, parfois inconfortable, parfois intimidante. Mais chaque fjord tourné, chaque falaise escaladée, chaque macareux croisé au bord du vide donne l’impression rare d’avoir trouvé quelque chose que le monde n’a pas encore eu le temps d’abîmer. Dans un pays où le succès touristique a transformé certains sites en attractions, les fjords de l’Ouest restent ce que l’Islande entière était il y a vingt ans : une invitation au vertige et à la liberté absolue.

Vous êtes passionné par l’Islande sauvage ? Découvrez aussi le Rocher de Hvitserkur, sentinelle basaltique de la côte nord-ouest, et la fascinante Diamond Beach où les icebergs échouent sur le sable noir.

Voir les derniers articles